Numéros à venir et appels de textes

 

Numéros thématiques à venir

 

Édition régulière

 

Volume 40, numéro 2, automne 2021

L’activité de recherche qualitative à un carrefour de visées transformatrices et émancipatrices

 

Cet appel à textes interroge les enjeux méthodologiques et épistémologiques de l’activité de recherches qualitatives à visée transformatrice ou émancipatrice. Il amène à discuter le rôle de la recherche qualitative - et des acteurs impliqués - dans la transformation des conditions sociales contemporaines au développement du pouvoir d’agir des personnes et des collectivités.

 

Mise en contexte

Dans le cadre de ce numéro, nous souhaitons intégrer une réflexion issue des perspectives critiques pour mettre en débat les apports, mais aussi les dérives éventuelles de l’importance accordée à la collaboration en recherche. Nous souhaitons interroger les conditions sous lesquelles la contribution à une recherche qualitative peut soutenir le pouvoir d’agir des personnes participantes et, a contrario, identifier les contextes où ces types de recherches risquent de reproduire, chez ces personnes, des situations d’injustice liées au pouvoir (Le Bossé, 2016). Plus largement, nous voulons comprendre comment le recours à des méthodologies transformatrices permet de faire face aux enjeux contemporains comme les injustices au sein des sociétés ou la crise climatique. Plus spécifiquement, des travaux mobilisant ce type de méthodologie sont également utilisés pour comprendre l’activité de personnes ou de groupes (Dionne, Saussez et Bourdon, 2017), leur activité de travail (Kostulski, 2010; Saujat et Félix, 2018) ou l’activité transformatrice au sein de mouvements sociaux (Stetsenko, 2016). Ce numéro permettra d’aborder des questions épistémologiques et méthodologiques en relation avec la recherche qualitative à visée transformatrice et émancipatrice à partir des trois axes qui suivent.

 

Enjeux méthodologiques et épistémologiques des recherches qualitatives à visée transformatrice ou émancipatrice

Sous cet axe, il s’agit d’interroger comment sont produites les connaissances dans une perspective transformatrice et émancipatrice et comment les méthodes utilisées peuvent soutenir les transformations sociales, subjectives et scientifiques souhaitées. Les textes pourront notamment aborder les questions suivantes.  Comment le double rôle de transformation et de compréhension des situations étudiées peut-il être considéré en recherche qualitative? Comment les connaissances produites lors de l’activité de recherche qualitative à visée transformatrice peuvent-elles soutenir à la fois des visées nomothétiques et politiques (Van der Maren, 1995)? Quel est le rôle ou la fonction des méthodes utilisées au cours de l’activité de recherche à visée transformatrice et émancipatrice?

 

Interaction avec le terrain, modification du rôle des acteurs et implications sociales et scientifiques

Sous cet axe, il s’agit de problématiser les particularités de l’interaction sur le terrain, et la modification des rôles des différents acteurs dans le cadre de l’activité de recherche à visée transformatrice et émancipatrice. Cette activité de recherche implique généralement un engagement prolongé sur le terrain qui requiert de revoir les conditions de productions des connaissances et le rôle des différents acteurs impliqués. Des questions peuvent alors émerger. Quels sont les rôles spécifiques des personnes chercheuses et des personnes participantes? Sur quels besoins sont établis les objectifs de recherche?  Comment soutenir la participation des acteurs dans les contraintes de l’activité des personnes chercheuses ou personnes étudiantes-chercheuses, comme le financement de la recherche? 

 

Recherches transformatrices et participation : une invitation à réinterroger l’injonction à la participation en recherche

Dans cet axe, nous souhaitons nourrir une analyse critique de l’injonction à la participation des acteurs dans le contexte actuel de production de la recherche qualitative, notamment dans les secteurs de la santé et des services sociaux. On peut se demander : cette « injonction » est-elle conciliable avec une visée transformatrice ou émancipatrice?  Comment cette participation peut-elle soutenir des processus de transformation et d’émancipation communs entre les personnes collaboratrices/partenaires de la recherche et les personnes chercheuses? 

 

Les auteurs intéressés par ces questions sont invités à faire parvenir leur intention à la revue Revue.RQ@uqtr.ca avant le 31 août 2020 en indiquant " L’activité de recherche qualitative à visées transformatrices et émancipatrices" dans l’objet du message. L’intention doit indiquer clairement le thème qui sera traité, le titre provisoire, l’objectif de l’article et un résumé du contenu envisagé (environ 300 mots).

 

Les auteurs recevront une réponse au plus tard le 1 octobre 2020. Les textes seront attendus pour le 15 mars 2021.

 

Téléchargez ici l'appel de textes complet

 

Responsables du numéro : Patricia Dionne, Colette Baribeau et Lorraine Savoie-Zajc

 

 

Volume 40, numéro 1, printemps 2021

Récits de vie et savoirs : enjeux des enquêtes narratives

 

Cet appel à textes interroge les usages contemporains des formes de récits de vie en recherche qualitative en déployant notamment des aspects méthodologiques afin de caractériser les effets de compréhension qu’ils génèrent chez les chercheurs·euses et chez les sujets qui s’impliquent. 

 

Mise en contexte

 

Les premiers usages des récits de vie en sciences humaines et sociales datent d’au moins un siècle. En anthropologie et en histoire, le recueil des récits a été privilégié dans les enquêtes de terrain et la recherche documentaire dès l’émergence de ses champs de recherche. En sociologie, les approches biographiques ont été employées en proposant un nouveau paradigme de recherche s’appuyant sur des méthodes qualitatives. Elles sont associées aux travaux de Thomas et Znaniecki de l’Université de Chicago et à la parution en 1918 de leur œuvre « Le Paysan polonais en Europe et en Amérique ». L’introduction des récits de vie en sciences humaines et sociales dans le monde francophone est plus récente. Ce passage de la narration biographique comme modalité de recherche et d’enquête date d’une quarantaine d’années. Les récits de vie ont été introduits dans une pluralité de recherches qualitatives s’intéressant à des problématiques telles que le chômage, la précarité, l’« exclusion », la « déviance », l’« itinérance », l’exil, les migrations ou le système pénal. À ce courant, il faut joindre l’apport des perspectives éducatives et formatives des Histoires de vie. Parallèlement, les approches narratives se développent en sciences médicales, santé publique et accompagnement dans le contexte du soin. En employant l’expression « approche narrative » nous élargissons celle de récits de vie, étant entendu que le mot récit sous-tend l’action de narrer. Ainsi, des champs variés (éducation, santé, accompagnement, droit, travail social, psychologie, entre autres) de recherche, recherche-action et de formations mobilisant des formes de récits de vie se sont multipliées. Les champs des relations industrielles, l’économie et les sciences de la gestion s’y intéressent aussi, même si les récits de vie y seraient moins employés.

 

Cette large diffusion des usages et des pratiques qui intègrent le récit de vie comme approche méthodologique qualitative en sciences humaines et sociales et comme mode d’intervention, comme pratiques d’accompagnement et comme modalités de formation et d’orientation des adultes, interroge les fondements épistémologiques des enquêtes narratives : Quel statut accorder aux savoirs générés par les récits de vie ? Si les méthodes biographiques permettent d’appréhender les points de vue et vécus singuliers, quelles dynamiques interactionnelles mobilisent-elles ? Quelles questions soulèvent ce type d’enquêtes nécessairement impliquantes et impliquées ? Comment sont-elles prises en charge par les différents participants·es ? Quelle valeur donner aux savoirs exprimés par les participants·es aux enquêtes narratives et quel statut et crédibilité sont accordés à ces personnes ? 

 

Ce numéro de revue sera l’occasion, par l’exposition de recherches provenant de champs divers d’examiner les paradigmes qui permettent de fonder sur les plans de la recherche, les connaissances qui résultent des enquêtes narratives et leurs apports dans la construction des savoirs en sciences humaines et sociales.

 

Les auteurs intéressés par ces questions sont invités à faire parvenir leur intention à la revue Revue.RQ@uqtr.ca avant le 15 mai 2020 en indiquant "Enjeux des enquêtes narratives" dans l’objet du message. L’intention doit indiquer clairement le thème qui sera traité, le titre provisoire, l’objectif de l’article et un résumé du contenu envisagé (environ 300 mots).

 

Les auteurs recevront une réponse au plus tard le 15 juin 2020. Les textes seront attendus pour le 15 janvier 2021.

 

Téléchargez ici le texte complet de l'appel de textes.

 

Responsables du numéro : Marie-Claude Bernard, Hervé Breton et Emmanuelle Jouet

 

Volume 39, numéro 2, automne 2020

Enquêter sur les affects : quels enjeux, quelles méthodes ?

 

Dans les sciences humaines et sociales, les affects – employés ici dans une acception générale et renvoyant à un ensemble d’états affectifs allant des émotions aux sentiments – connaissent un intérêt grandissant depuis la fin du XXe siècle. Ils sont aujourd’hui considérés comme un objet de recherche légitime pour la plupart des sciences sociales. Dans une même discipline, différents champs (alimentation, famille, santé, travail, etc.) s’emparent de cette question des affects. Et, différentes disciplines comme l’anthropologie, la politique ou encore la sociologie, pour ne citer qu’elles, mobilisent les affects à la fois comme une des catégories d’analyse du social ou comme un outil méthodologique. 

 

Ce numéro thématique invite à examiner dans une approche interdisciplinaire l’enquête sur les affects. Plus précisément, il vise à interroger à la fois les enjeux et les méthodes qui sous-tendent cet objet de recherche. Par conséquent, il s’adresse à des chercheurs qui ont fait des affects leur problématique, mais également à des chercheurs pour qui ces questions sont devenues problématiques. En d’autres termes, ce numéro concerne aussi bien les recherches qui ont pensé ces questions et dont les méthodes ont été construites en amont du terrain, qu’aux recherches dont les questions « affectives » sont apparues au moment du terrain ou à postériori, lors de l’analyse.

 

Pour instruire ce dossier, trois axes de réflexions complémentaires sont dégagés : 1- Tout d’abord, nous souhaitons questionner la légitimité de l’objet de recherche que sont les affects : est-ce si théoriquement évident de travailler aujourd’hui sur les affects ? 2- Ensuite, il importe de mieux comprendre comment les affects de l’enquêteur et des enquêtés ont des conséquences sur le travail ethnographique. Comment les affects de l’ethnographe peuvent-ils constituer un risque ou une ressource dans son travail ou encore, comment se positionner, restituer et analyser des réalités émotionnelles ? 3- Enfin, des contributions méthodologiques sur la manière d’ethnographier les affects sont évidemment attendues.  

 

 

Responsables du numéro : Amandine Rochedy et Thomas Bonnet 


 

Volume 39, numéro 1, printemps 2020

Faire du terrain au Moyen-Orient et en Afrique: pratiques de recherche, défis et limites

 

 

Questionner les problèmes éthiques et méthodologiques dans les disciplines de sciences sociales en terrains sensibles a fait l'objet de publications, depuis ces vingt dernières années, tant dans le monde francophone qu'anglophone. Ce sont plus particulièrement les ethnologues et anthropologues qui se sont penchés sur les nouvelles pratiques dans leur discipline respective afin  d'analyser les enjeux de "faire du terrain" à travers lesquels s'observent plusieurs situations : les modes d'interaction ou de distanciation entre le chercheur et ses informateurs, notamment sous le prisme de la méthode d'observation participante, la vulnérabilité du chercheur et de ses informateurs dans des contextes de diffusion accrue et rapide des flux d'information et face aux effets de la mondialisation et de la glocalisation qu'expérimentent les individus et les groupes sociaux interrogés, le degré d'engagement du chercheur à mesure que les terrains sensibles se sont multipliés et que l'espace-temps de l'enquête peut être située de différentes manières.

 

Ce numéro spécial privilégie un regard croisé au carrefour de plusieurs disciplines de sciences humaines et sociales et se concentre sur les réalités de pratiques de terrain spécifiques à trois espaces -le Maghreb, le Moyen-Orient et l'Afrique subsaharienne- qui sont traversés par des éléments de permanence (poids des normes et hiérarchises sociales et religieuses) en phase de négociation, des moments de rupture et des processus de transition (guerre, terrorisme, violences ordinaires, autoritarismes,  réconciliation, démocratisations, manifestations) aux effets durables sur les itinéraires de vie d'individus ou de groupes sociaux (clandestins, migrants, exilés, victimes de guerre, femmes, jeunes, anciens captifs, castés, groupes religieux minoritaires, esclaves modernes, malades en situation de stigmatisation et d'exclusion etc.). En cela, ces trois espaces conduisent à des expériences de terrain où le chercheur est confronté à des difficultés méthodologiques et épistémologiques tout à fait spécifiques.

 

Il est question d'approfondir, dans ce dossier, trois axes de réflexion : 1-l’avant-terrain, en analysant les jeux de distanciation et d'implication du chercheur vis-à-vis de la société observée, 2- au cours du terrain, en regardant comment les pratiques d'enquête et les méthodes sont mises à jour et à l’épreuve, 3- lors de l’après-terrain, en mettant en exergue les défis et les précautions autour de l’interprétation et de la diffusion des données.

 

Responsables du numéro : Pietro Marzo et Muriel Gomez-Perez.

 

 

Collection Hors-Série "Les Actes"

 

Numéro à venir :


# 25
Sensorialité, émotion et esthétique en recherche qualitative

Actes du colloque de l'Association pour la recherche qualitative

HEC - Montréal 
23 octobre 2019
Responsables du numéro: sylvie.grosjean@uottawa.ca et linda.rouleau@hec.ca